Michael Samuels

© Michael Samuels 2017

Les sculptures et pièces murales de Michael Samuels détournent le mobilier en formica des années 50-60, matériau symbole de l'essor économique et social de l'après-guerre. Entièrement réalisées à partir d'éléments de mobilier de couleurs vives, récupérés ou achetés sur Ebay (tables, chaises, plateaux…), parfois augmentées de sources de lumière domestiques (lampes, ampoules…), ses constructions, entre merzbau et architectures totémiques, explorent les frontières entre objets et espace, présence et absence, abstraction et narration. Des pièces détachées issues de chaises, tables et autres mobiliers courants, articulées et empilées dessinent d'hétéroclites ensembles dont l'équilibre semble précaire. Des pieds de table détachés de leur fonction initiale flottent dans l'espace, des agencements formels faits de plateaux et tiroirs ne sont pas sans rappeler, façon recyclage constructiviste, le style des Tatlin, Pevner et autres Gabo, les agencements chromatiques d'un Laslo Moholy-Nagy.Karine Vonna 2009

**********

A travers ses sculptures, l'artiste cherche à « taquiner » nos idées préconçues et tester nos limites entre objet et espace, entre présence et absence, fiction et réalité. Intéressé avant tout dans le langage formel de la Sculpture, M. Samuels a choisi d'utiliser, comme matériau de base, des tablettes en formica, extraites de mobilier typique des années 50. Chacune de ces plaques est étudiée en profondeur afin que l'aspect esthétique ne prime sur l'aspect qualitatif, et vice-versa.

Démantelées et découpées, reconstruites et reconfigurées, les nouvelles formes créées par l'artiste sont totalement dépourvues de leur fonction originelle. Ce travail est essentiellement basé sur l'observation et l'expérimentation poussée à l'extrême. Les choix et décisions prises tout au long du processus de création sont intuitifs et non définis par une esquisse préparatoire : l'artiste n'imagine pas sa sculpture terminée, avant d'en arriver à ce point.

Alors que l'expérimentation des formes données au matériau récupéré est poussée au-delà de ses limites, le choix des couleurs est, quant à lui, limité par la palette des teintes existantes, et parmi laquelle, l'artiste ne garde que les couleurs pastel. Pour contrer cette restriction imposée par le choix du matériau, l'artiste augmente ses possibilités grâce à l'intégration de lumière dans ses sculptures. Il utilise des éclairages à LED, qui, placés de façon judicieuse, génèrent la diffusion d'une lumière colorée, donnant, à chacun des tons de base, la possibilité de se décliner en de multiples intensités.

Si les sculptures « en-pied » de M. Samuels s'apparentent aux « Déconstructivistes » des années 80, pour qui les apparences visuelles sont caractérisées par une imprédictibilité stimulante, un chaos contrôlé et une opposition à la rationalité ordonnée, ses sculptures murales, quant à elles, se rapprochent des « cubistes » sélectionnant les facettes les plus pertinentes de l'objet déconstruit, introduisant des éléments de la réalité et détachant la couleur de la forme.Carole Levy 2009